Bruno Colmant

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One road, one belt

07 August 2018

La Belgique veut contrôler l’acquisition éventuelle d’entreprises nationales par des entreprises chinoises. La coïncidence avec les rumeurs d’une éventuelle OPA d’un groupe chinois sur AGEAS (qui tire une partie très importante de sa croissance …de Chine) n’est pas accidentelle. Mais réfléchissons quelques minutes : la Chine a développé un courant d’affaire important avec l’aéroport de Liège. Ce sera une entreprise chinoise qui réactivera probablement le site de Caterpillar….abandonné par des américains. Et je ne peux pas m’empêcher de sourciller à l’intervention du Président de BNP Paribas Fortis qui estime qu’il est urgent de faire preuve de « moins de naïveté dans les discussions sur le libre-échange »…alors que Fortis était un groupe belge qui fut vendu, après son sabordage, à des français. Et puis, rappelons-nous 1988 et de l’OPA sur la Générale qui devint française, sans parler, dix ans plus tard, de la vente de la BBL, de la Royale Belge, de Petrofina, etc. Et nous sommes un pays dont la moitié de la production électrique est fournie par un groupe étranger. Alors, sans prétendre donner de leçons, ne nous trompons pas de cible et soyons clairvoyants dans un partenariat solide avec la Chine et son projet de « One Road, one Belt ».

Bruno Colmant
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Le dialogue entre l’Etat et le marché sera la clé

14 May 2018

Le prochain choc économique viendra de la confrontation avec l’impossibilité d’honorer les engagements sociaux que nous nous sommes promis au travers de notre propre représentation politique, c’est-à-dire l’Etat. Notre créance sociale correspond à une dette publique dont la représentation est la monnaie. A un moment, ces trois éléments devront se fondre, ce qui conduira à diluer les avantages sociaux dans l’absorption du capital. La gestion de la prochaine crise ne conduira pas à restaurer le capitalisme mais à le dominer. Le totalitarisme étatique dominera l’économie de marché. Mon intuition, largement publiée en 2008, est intacte : nous risquons de glisser vers une étatisation « implosive » de toute l’économie. Je ne le souhaite pas. C’est le dialogue entre l’Etat et le marché qui sera la clé. Marx contre Smith. Comme dans un théâtre d’ombres chinoise, sans savoir de quel côté du drap on est.

Bruno Colmant
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Mon credo : il faut une révolution morale

19 December 2017

Souvent, je m’interroge sur la trajectoire de nos communautés. Nos sociétés vieillissent mal. Pétries de certitudes géographiques et centrées sur un tropisme européen, elles ne réalisent pas que le monde s’est étendu dans les azimuts verticaux. Nous sommes imprégnés d’une suprématie civilisationnelle des années industrielles, mais la croissance s’est encourue. Et comme nous vieillissons, la jeunesse n’exerce pas suffisamment une saine et cette nécessaire force de rappel. La crise de 2008 fut un signe majeur : elle signifia la fin d’un monde de rentiers d’idées. Mais il y a autre chose. Pas un naufrage, mais plutôt une infime et inéluctable dérive. Une morosité silencieuse. Une résignation. De nombreux citoyens le ressentent, mais peu l’expriment. C’est un sentiment flou, teinté d’amertume des grandeurs passées et d’incompréhension des réalités modernes. Cette crise n’est qu’une expression accessoire. De profonds chocs socio-politiques sont proches parce que nous n’arriverons plus à assurer la cohésion et la mixité sociales. En effet, la croissance économique est une échappée dans le futur. Son absence devient une prison puisqu’il n’est pas possible de se projeter dans un avenir économique meilleur. Continuer la lecture…

Bruno Colmant
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Bruxelles. Ma belle ?

01 December 2017

Il se fait que la vie professionnelle m’a conduit à travailler et à habiter à Bruxelles, dans une commune remarquablement gérée. Mais, mois après mois, je m’interroge, comme de très nombreux observateurs de la chose publique, sur l’état de délabrement d’une ville qui se postule, de manière empruntée, à être (encore) la capitale de l’Europe. Il suffit de traverser d’autres capitales européennes, sièges de grandeurs impériales, pour réaliser que, sans juxtaposition historique des institutions européennes et de l’OTAN, ce qualificatif est usurpé. D’ailleurs, même si cette ville recèle d’endroits culturels insoupçonnés et de merveilleux lieux de vie, elle n’est plus qu’un film en noir et blanc. La neige y est sale avant de s’y déposer tandis que les maigrichonnes illuminations de Noël n’arrivent plus à camoufler la désespérance d’une cité qui croule sous son béton fissuré et en ruine.  Continuer la lecture…

Bruno Colmant
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Retour sur le réforme de 1962

25 November 2017

Avant 1962, les bénéfices des sociétés étaient frappés d’un impôt définitif lors de leur distribution : la taxe mobilière (impôt réel) et la taxe de crise étaient retenues par la société et payées pour le compte des bénéficiaires, lesquels devaient encore éventuellement supporter l’impôt complémentaire personnel sur les dividendes reçus. Les bénéfices non distribués faisaient quant à eux l’objet d’une imposition provisionnelle, à savoir une taxe professionnelle due par la société à titre d’acompte sur l’impôt de distribution frappant les personnes physiques et qui était imputée sur l’impôt dû par le bénéficiaire en cas de distribution ultérieure des réserves. En 1962, le législateur a profondément réformé les impôts sur les revenus. La justification de cette réforme est toujours d’actualité et mérite d’être citée in extenso : « Les instruments fiscaux désuets, compliqués, peu équitables et inefficaces que nous connaissons aujourd’hui doivent être remplacés par un système fiscal moderne. Il faut que demain la fiscalité encourage l’investissement et l’effort, qu’elle décourage la fraude et rétablisse la justice. Il faut que rendue moins compliquée, elle devienne, en Belgique comme dans tous les Etats modernes, le moyen d’une politique financière efficace, au service d’une politique conjoncturelle et structurelle de développement économique ». Continuer la lecture…

Bruno Colmant
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Un subprime chinois ?

21 October 2017

Le Président de la banque centrale chinoise vient d’avertir qu’un excès d’optimisme en Chine pourrait conduire à un moment « Minsky ». Ce terme se réfère à l’économiste américain Hyman Minsky (1919-1996). Peu connu, et sans doute insuffisamment reconnu, ce chercheur a averti de moments caractérisés par un excès d’endettement ou de croissance de la dette qui feraient soudainement chavirer le prix des actifs, comme une bulle qui explose. En effet, les détenteurs d’actifs doivent les céder à vil prix, entretenant une spirale de baisse des prix qui acquiert sa propre dynamique. Selon Minsky, le capitalisme évolue par vagues qui corrigent leurs excès. Un des moments « Minsky » aurait été l’année 2007, avant le déchainement de la crise des subprimes. Alors, un subprime chinois ? Tout est possible mais le message du Président de l’autorité monétaire chinoise est probablement l’augure que cela … n’arrivera pas. La Chine postule une stabilité monétaire digne du statut de monnaie de réserve du renminbi.

 

Bruno Colmant
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Le piège de la dette ? Lequel ?

23 September 2017

Selon la Banque des règlements internationaux, le piège de la dette menace l’économie mondiale. Est-ce une affirmation solide ou simplement le constat qu’après des années d’argent gratuit, il est normal que l’endettement privé et public ait augmenté en accroissant sa vulnérabilité à une potentielle hausse de taux d’intérêt ? Sommes-nous, après les baisses de taux d’intérêt qui ont conduit à l’emballement des subprimes et à la crise bancaire, à l’aube d’une nouvelle crise, d’une nature comparable, qui résulterait du fait que les taux d’intérêt sont en baisse structurelle depuis près de 35 ans ? Personne, sauf un marabout, ne peut donner de réponse unique à cette question. Continuer la lecture…

Bruno Colmant
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Et si l’intelligence artificielle balayait le monde ?

05 September 2017

Depuis plusieurs semaines, les avertissements de créateurs d’entreprises d’envergure mondiale se multiplient au sujet de l’intelligence artificielle. Certains, tel Bill Gates, avaient même plaidé, pour la taxation des robots. Que se passe-t-il ? Progressivement, les façonneurs du 21eme siècle se rendent compte que le choc social qui va frapper nos économies est titanesque. Comme me le faisait remarquer un des figures de proue du patronat belge, on aurait pu croire que la digitalisation, qui conduit essentiellement à une automation améliorée des tâches humaines, allait, à terme, créer autant d’emplois qu’elle n’allait en détruire.

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Bruno Colmant
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Il faudra deux générations pour stabiliser l’euro !

13 August 2017

L’euro est une réussite politique incontestable. Sa réalité financière s’est imposée jusqu’à hisser cette jeune monnaie parmi les cinq devises de réserve du FMI. Pourtant, les disparités économiques entre les différents Etats associés restent persistantes. Nombreux sont ceux qui s’intéressent aux incontestables différentiels de dettes publiques. Mais il y a un autre indicateur, dont l’importance est dissoute parce que nous avons justement adopté une monnaie unique, c’est le différentiel des balances des payements (c’est-à-dire la différence entre les exportations et les importations). Continuer la lecture…

Bruno Colmant
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Devenons-nous de simples statistiques ?

02 July 2017

Progressivement, de manière indicible, nous devenons des paramètres soumis à la mécanique d’algorithmes qui nous encerclent inéluctablement. Nous mutons en pouvoirs d’achat, paramètres électoraux et statistiques. C’est une douce et séduisante dictature qui s’appelle le progrès et que Jules Verne avait très bien décrite dans son « Paris au 20ème siècle ». Progressivement, Nous abandonnons nos pensées, nos intranquillités et nos révoltes à des messages informatiques qui alignent, soigneusement et paisiblement, nos pensées. Est-ce 1984 d’Orwell. Ou déjà 2084 ? Nous verrons.  Continuer la lecture…