Bruno Colmant

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France : 1789-2018. L’Histoire se répète

10 January 2019

Dix ans après une des plus graves crises financières depuis près d’un siècle, le monde occidental va subir un ressac d’une brûlante envergure, tel un schrapnell qui explose à la tangente du sol social. Après la correction financière, c’est le temps politique et de la configuration européenne qui s’annonce. Nous avions cru pouvoir éviter le dialogue avec Podemos, les Indignés de Stéphane Hessel, les Nuits debout et Occupy Wall Street aux abords de Trinity Church, devant Wall Street. La pluie et la résignation ont eu raison de ces mouvements mais le feu n’était pas mort. La flamme ne réchauffe plus : elle refroidit les espoirs car les extrêmes politiques sont sortis des humus sous lesquels ils étaient tapis depuis 85 ans. Regardons la France où un Président fut élu par défaut et une Assemblée par adhésion, qui doit aujourd’hui dépasser son propre Parlement pour organiser un « Grand Débat National ». Ce sont les Etats généraux de 1789. Les plus importantes décisions, portant sur l’ordre monétaire, étatique et social seront bientôt posés. Les choix que nos régimes démocratiques formuleront vont engager deux générations. L’Histoire est devant nous. C’est le choix de l’Europe qui est posé.

 

Bruno Colmant
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Et Trump toucha au sacré…

27 December 2018

En 2019, le déficit budgétaire américain frôlera 5 % du PIB avec une dette publique en forte croissance. Malgré le plein-emploi, le cycle économique semble se stabiliser. Le Président de la Banque Centrale américaine (FED) poursuit néanmoins l’augmentation des taux d’intérêt. Pourquoi ? Pour pouvoir les baisser rapidement afin de contrer un essoufflement de l’économie américaine tout en dépréciant le dollar pour stimuler les exportations. Mais est-ce une bouffée délirante, le Président américain voudrait licencier le Président de la FED tandis que son Ministre des Finance a contacté les 6 principales banques afin de s’assurer de leur position de liquidité. Il n’en faut pas plus pour inquiéter la sphère financière sur la force du dollar et la crédibilité des obligations d’Etat américaine. D’habitude, quand le politique prend le contrôle de la monnaie, la presse à billet s’actionne. Parfois, ça tourne très mal, comme en 1971 lorsque Nixon a déprécié le dollar, suscitant une décennie d’inflation hors de contrôle.

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One road, one belt

07 August 2018

La Belgique veut contrôler l’acquisition éventuelle d’entreprises nationales par des entreprises chinoises. La coïncidence avec les rumeurs d’une éventuelle OPA d’un groupe chinois sur AGEAS (qui tire une partie très importante de sa croissance …de Chine) n’est pas accidentelle. Mais réfléchissons quelques minutes : la Chine a développé un courant d’affaire important avec l’aéroport de Liège. Ce sera une entreprise chinoise qui réactivera probablement le site de Caterpillar….abandonné par des américains. Et je ne peux pas m’empêcher de sourciller à l’intervention du Président de BNP Paribas Fortis qui estime qu’il est urgent de faire preuve de « moins de naïveté dans les discussions sur le libre-échange »…alors que Fortis était un groupe belge qui fut vendu, après son sabordage, à des français. Et puis, rappelons-nous 1988 et de l’OPA sur la Générale qui devint française, sans parler, dix ans plus tard, de la vente de la BBL, de la Royale Belge, de Petrofina, etc. Et nous sommes un pays dont la moitié de la production électrique est fournie par un groupe étranger. Alors, sans prétendre donner de leçons, ne nous trompons pas de cible et soyons clairvoyants dans un partenariat solide avec la Chine et son projet de « One Road, one Belt ».

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Le dialogue entre l’Etat et le marché sera la clé

14 May 2018

Le prochain choc économique viendra de la confrontation avec l’impossibilité d’honorer les engagements sociaux que nous nous sommes promis au travers de notre propre représentation politique, c’est-à-dire l’Etat. Notre créance sociale correspond à une dette publique dont la représentation est la monnaie. A un moment, ces trois éléments devront se fondre, ce qui conduira à diluer les avantages sociaux dans l’absorption du capital. La gestion de la prochaine crise ne conduira pas à restaurer le capitalisme mais à le dominer. Le totalitarisme étatique dominera l’économie de marché. Mon intuition, largement publiée en 2008, est intacte : nous risquons de glisser vers une étatisation « implosive » de toute l’économie. Je ne le souhaite pas. C’est le dialogue entre l’Etat et le marché qui sera la clé. Marx contre Smith. Comme dans un théâtre d’ombres chinoise, sans savoir de quel côté du drap on est.

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Mon credo : il faut une révolution morale

19 December 2017

Souvent, je m’interroge sur la trajectoire de nos communautés. Nos sociétés vieillissent mal. Pétries de certitudes géographiques et centrées sur un tropisme européen, elles ne réalisent pas que le monde s’est étendu dans les azimuts verticaux. Nous sommes imprégnés d’une suprématie civilisationnelle des années industrielles, mais la croissance s’est encourue. Et comme nous vieillissons, la jeunesse n’exerce pas suffisamment une saine et cette nécessaire force de rappel. La crise de 2008 fut un signe majeur : elle signifia la fin d’un monde de rentiers d’idées. Mais il y a autre chose. Pas un naufrage, mais plutôt une infime et inéluctable dérive. Une morosité silencieuse. Une résignation. De nombreux citoyens le ressentent, mais peu l’expriment. C’est un sentiment flou, teinté d’amertume des grandeurs passées et d’incompréhension des réalités modernes. Cette crise n’est qu’une expression accessoire. De profonds chocs socio-politiques sont proches parce que nous n’arriverons plus à assurer la cohésion et la mixité sociales. En effet, la croissance économique est une échappée dans le futur. Son absence devient une prison puisqu’il n’est pas possible de se projeter dans un avenir économique meilleur. Continuer la lecture…

Bruno Colmant
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Bruxelles. Ma belle ?

01 December 2017

Il se fait que la vie professionnelle m’a conduit à travailler et à habiter à Bruxelles, dans une commune remarquablement gérée. Mais, mois après mois, je m’interroge, comme de très nombreux observateurs de la chose publique, sur l’état de délabrement d’une ville qui se postule, de manière empruntée, à être (encore) la capitale de l’Europe. Il suffit de traverser d’autres capitales européennes, sièges de grandeurs impériales, pour réaliser que, sans juxtaposition historique des institutions européennes et de l’OTAN, ce qualificatif est usurpé. D’ailleurs, même si cette ville recèle d’endroits culturels insoupçonnés et de merveilleux lieux de vie, elle n’est plus qu’un film en noir et blanc. La neige y est sale avant de s’y déposer tandis que les maigrichonnes illuminations de Noël n’arrivent plus à camoufler la désespérance d’une cité qui croule sous son béton fissuré et en ruine.  Continuer la lecture…

Bruno Colmant
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Retour sur le réforme de 1962

25 November 2017

Avant 1962, les bénéfices des sociétés étaient frappés d’un impôt définitif lors de leur distribution : la taxe mobilière (impôt réel) et la taxe de crise étaient retenues par la société et payées pour le compte des bénéficiaires, lesquels devaient encore éventuellement supporter l’impôt complémentaire personnel sur les dividendes reçus. Les bénéfices non distribués faisaient quant à eux l’objet d’une imposition provisionnelle, à savoir une taxe professionnelle due par la société à titre d’acompte sur l’impôt de distribution frappant les personnes physiques et qui était imputée sur l’impôt dû par le bénéficiaire en cas de distribution ultérieure des réserves. En 1962, le législateur a profondément réformé les impôts sur les revenus. La justification de cette réforme est toujours d’actualité et mérite d’être citée in extenso : « Les instruments fiscaux désuets, compliqués, peu équitables et inefficaces que nous connaissons aujourd’hui doivent être remplacés par un système fiscal moderne. Il faut que demain la fiscalité encourage l’investissement et l’effort, qu’elle décourage la fraude et rétablisse la justice. Il faut que rendue moins compliquée, elle devienne, en Belgique comme dans tous les Etats modernes, le moyen d’une politique financière efficace, au service d’une politique conjoncturelle et structurelle de développement économique ». Continuer la lecture…

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Un subprime chinois ?

21 October 2017

Le Président de la banque centrale chinoise vient d’avertir qu’un excès d’optimisme en Chine pourrait conduire à un moment « Minsky ». Ce terme se réfère à l’économiste américain Hyman Minsky (1919-1996). Peu connu, et sans doute insuffisamment reconnu, ce chercheur a averti de moments caractérisés par un excès d’endettement ou de croissance de la dette qui feraient soudainement chavirer le prix des actifs, comme une bulle qui explose. En effet, les détenteurs d’actifs doivent les céder à vil prix, entretenant une spirale de baisse des prix qui acquiert sa propre dynamique. Selon Minsky, le capitalisme évolue par vagues qui corrigent leurs excès. Un des moments « Minsky » aurait été l’année 2007, avant le déchainement de la crise des subprimes. Alors, un subprime chinois ? Tout est possible mais le message du Président de l’autorité monétaire chinoise est probablement l’augure que cela … n’arrivera pas. La Chine postule une stabilité monétaire digne du statut de monnaie de réserve du renminbi.

 

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Le piège de la dette ? Lequel ?

23 September 2017

Selon la Banque des règlements internationaux, le piège de la dette menace l’économie mondiale. Est-ce une affirmation solide ou simplement le constat qu’après des années d’argent gratuit, il est normal que l’endettement privé et public ait augmenté en accroissant sa vulnérabilité à une potentielle hausse de taux d’intérêt ? Sommes-nous, après les baisses de taux d’intérêt qui ont conduit à l’emballement des subprimes et à la crise bancaire, à l’aube d’une nouvelle crise, d’une nature comparable, qui résulterait du fait que les taux d’intérêt sont en baisse structurelle depuis près de 35 ans ? Personne, sauf un marabout, ne peut donner de réponse unique à cette question. Continuer la lecture…

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Et si l’intelligence artificielle balayait le monde ?

05 September 2017

Depuis plusieurs semaines, les avertissements de créateurs d’entreprises d’envergure mondiale se multiplient au sujet de l’intelligence artificielle. Certains, tel Bill Gates, avaient même plaidé, pour la taxation des robots. Que se passe-t-il ? Progressivement, les façonneurs du 21eme siècle se rendent compte que le choc social qui va frapper nos économies est titanesque. Comme me le faisait remarquer un des figures de proue du patronat belge, on aurait pu croire que la digitalisation, qui conduit essentiellement à une automation améliorée des tâches humaines, allait, à terme, créer autant d’emplois qu’elle n’allait en détruire.

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