Kunst

Les galeries redoublent d’efforts pour garantir la sécurité des transactions en ligne portant sur des œuvres d’art

01 July 2019

L’acquisition en ligne de toiles ou d’autres objets d’art s’impose dans le monde entier. En 2018, la vente d’œuvres d’art sur internet a augmenté de près de 10 % et représente désormais un chiffre d’affaires mondial de quelque 4,11 milliards d’euros. Cette évolution est assez surprenante vu que la plupart des gens ont encore peur de se faire avoir ou d’être victimes de pirates informatiques. C’est ce qu’il ressort notamment du rapport ‘Online Art Trade Report 2019’, un des principaux rapports annuels du secteur artistique, publié par l’assureur spécialisé Hiscox. Et plus surprenant encore : les médias sociaux sont très importants pour la vente d’œuvres d’art. Près d’un tiers des acheteurs déclarent même que les médias sociaux ont influencé leur décision d’achat d’une œuvre d’art. La vente en ligne d’œuvres artistiques comme les peintures, les sculptures et les antiquités explose littéralement, mais elle ne se limite pas à ces seuls objets. Des objets de collection, comme des bouteilles de vin ou des timbres-poste, trouvent de plus en plus souvent acquéreurs par le biais des plateformes internet et des sites web des maisons de vente et des galeries. Les amateurs d’art considèrent effectivement que leur présence physique n’est plus systématiquement nécessaire pour une acquisition. En d’autres termes, la souris se substitue de plus en plus souvent à la petite pancarte d’enchère. Pour le secteur, il s’agit d’un énorme bond en avant.

L’assureur Hiscox a interrogé 706 acquéreurs d’œuvres d’art, 128 galeries et revendeurs et 42 plateformes en ligne, à travers le monde sur ce qu’ils pensaient du marché en ligne des œuvres d’art. Les chiffres publiés dans le rapport ‘Online Art Trade Report 2019’ sont éloquents. Ainsi, il en ressort que le chiffre d’affaires total des œuvres d’art négociées en ligne en 2018 a augmenté de 9,8 %. C’est énorme, d’autant plus lorsque l’on sait que cette augmentation persiste depuis quelques années déjà. Au total, le chiffre d’affaires du commerce en ligne d’œuvres d’art atteint 4,11 milliards d’euros au niveau mondial. En 2017, la vente a grimpé de 12 %. En 2013 et 2015, elle a même atteint une croissance de 20 à 25 %.

Alessia Faraci de Hiscox : “Le commerce en ligne d’œuvres d’art gagne en popularité. Cela s’inscrit clairement dans la tendance numérique du moment. Les hausses importantes ont déjà eu lieu, mais la vente via internet continuera indéniablement d’augmenter. C’est surtout la vente en ligne d’objets d’art de valeur moindre, soit sous la barre des 5000 dollars, qui a le vent en poupe. Près de 78 % de toutes les ventes d’objet d’art en ligne rentrent dans cette catégorie. Et ce pourcentage continue d’augmenter. En 2017, il ne s’agissait que de 67 %.”

Obstacles

Bien que le commerce électronique des objets d’art continue de croître, il se heurte aussi à différents obstacles liés à l’internet. Les raisons principales qui expliquent les hésitations de certains acquéreurs potentiels quant à un achat sur internet sont également au centre de toutes les préoccupations du secteur. Près de 74 % des acquéreurs d’œuvres d’art déclarent ne pas souhaiter faire d’acquisition en ligne du fait qu’ils ne peuvent pas voir les œuvres d’art. Quelque 72 % disent même ne pas vouloir acheter d’objets d’art en ligne du fait qu’ils ne peuvent pas en évaluer l’état. Citons aussi que 60 % des acheteurs potentiels ne finalisent pas leur achat parce qu’ils ont du mal à évaluer la réputation du vendeur et/ou parce qu’ils ont peur de la contrefaçon (62 %).

Par ailleurs, les acheteurs aussi bien que les vendeurs ont peur d’être victimes de pirates informatiques et de fraudeurs. Du côté des vendeurs, 36 % disent avoir été victimes en 2018 d’une attaque de ransomware sur une plateforme en ligne. Leur réseau a ainsi été paralysé par un pirate informatique qui réclamait le paiement d’une rançon en échange du déblocage du réseau. Plus de quatre galeries sur dix (42 %) ont même été victimes l’année dernière de l’une ou l’autre cyberattaque. Mais du côté des acquéreurs, il règne aussi une certaine méfiance quant aux fraudeurs. Ils craignent notamment la cybercriminalité (40 %), les fraudes par messagerie électronique (46 %), le vol de données (47 %) et le piratage de leur carte de crédit (50 %).

“Le commerce en ligne d’œuvres d’art redouble d’efforts pour convaincre les acquéreurs potentiels que le système présente toutes les garanties de sécurité nécessaires. Il est par conséquent primordial que les plateformes électroniques et les galeries continuent à investir dans les dernières technologies et méthodes innovantes pour garantir aux vendeurs et aux acquéreurs que les transactions s’y dérouleront sans le moindre problème.” Alessia Faraci.

Instagram

Vu l’importance des médias sociaux dans notre société, rien d’étonnant à ce qu’Instagram, Facebook et Twitter sont très importants dans l’univers artistique. Ainsi, près d’un tiers des acquéreurs déclarent que les médias sociaux ont influencé leur décision d’achat. Ils s’adressent effectivement directement à la source : les acheteurs se fient principalement aux messages postés par les artistes ou leur studio et ensuite aux messages postés par les galeries. Soulignons que c’est surtout Instagram qui est le plus populaire des réseaux sociaux. Près de sept personnes sur dix, actives dans le secteur artistique (65 %), optent pour Instagram pour découvrir de nouveaux artistes, pour rester informées de leurs activités ou tout simplement pour suivre les tendances. Alors que Facebook, qui était le plus populaire des réseaux en 2016, pâtit légèrement de cette popularité et régresse doucement.

Propriété partagée

Cette vaste étude en ligne réalisée par Hiscox met également en évidence le fait que les investisseurs sont de plus en plus enclins à unir leurs efforts d’investissement pour acquérir une œuvre d’art. Ce sont surtout les jeunes qui sont tentés par cette ‘propriété partagée’. Mais près de 46 % des millenials (de moins de 35 ans) disent l’envisager, voire 51 % des jeunes de moins de 30 ans, alors que, parmi les +50 ans, seuls trois amateurs sur dix sont intéressés par ce type d’investissement commun.

Alessia Faraci : “L’acquisition commune et la propriété partagée sont des tendances appelées à se développer au cours des prochaines années. Le fait que ce soit surtout les jeunes qui s’y intéressent n’est pas surprenant. Ils sont souvent beaucoup plus ouverts à ces nouvelles idées, peu traditionnelles. Les vendeurs, quant à eux, attendent de voir s’il s’agit réellement d’une option lucrative et appropriée.”

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