Stefan Duchateau

Stefan Duchateau est conseiller du groupe Argenta en Belgique et président des différentes sociétés d'investissement de ce groupe. Il enseigne la gestion de portefeuille, l'ingénierie financière, la gestion bancaire et financière et la gestion des risques financiers à la KU Leuven (Campus Bruxelles), la sélection de titres, la gestion de portefeuille et les enquêtes à la KU Leuven et les dérivés financiers et la gestion des risques des institutions financières à l'Université Hasselt. Chez Argenta, il se concentre sur la gestion financière et des risques, la politique stratégique et le développement du pilier investissement du groupe banque et assurance. Cela comprend le développement de produits d'investissement et la gestion de fonds d'investissement. Prof. Dr. Stefan Duchateau est ingénieur commercial et titulaire d'un doctorat en économie appliquée.
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Professeur de gestion des risques/Conseiller auprès de HU Bruxelles et Argenta

L’année de la limace

22 juillet 2024

Promis. Nous n’allons pas nous plaindre de cette météo tristounette, ni nous lamenter des prestations de notre onze national qui, sous la houlette de son apprenti magicien, a rendu la couverture nuageuse un peu plus grise. En ce moment, les développements dans les sphères économiques, financières et politiques sont bien plus importants. Et d’autres s’annoncent encore plus intéressants encore que la tectonique des plaques politiques en France et en Grande-Bretagne. Les élections américaines continueront sans doute à nous offrir un triste spectacle, mais, là aussi, un rebondissement semble se dessiner. Il serait toutefois malavisé de surestimer l’impact des changements de cap politiques sur les marchés d’actions. Politische Börsen haben kurze Beine, nous ont appris nos voisins de l’Est. De fait, les marchés financiers semblent d’autant moins inquiets qu’ils enchaînent les records. Aux États-Unis du moins, car les bourses européennes semblent gagnées par une torpeur estivale. La bourse chinoise, quant à elle, poursuit sa triste trajectoire, que lui impose son problème démographique insoluble. Continuer la lecture…

Stefan Duchateau

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Pleins feux sur les indicateurs précoces

29 mai 2024

Nous connaissons désormais, pour la plupart, les résultats des entreprises américaines au premier trimestre 2024. Il en ressort que 78 % des entreprises de l’indice S&P 500 ont dépassé les attentes avec une marge importante de 8 %. C’est tout simplement le meilleur résultat des deux dernières années, alors que l’on craignait au contraire que la politique malheureuse de la banque centrale américaine en matière de taux d’intérêt fasse trébucher l’économie US au premier semestre 2024. Mais la robustesse du marché du travail, l’inébranlable pulsion dépensière des consommateurs américains, la résilience et la capacité d’adaptation des entreprises ont permis d’éviter de tomber dans cette ornière, ou du moins de limiter le contre coup à un recul relativement modeste dans les secteurs industriels. Les entreprises européennes ont également réalisé de bonnes performances au cours du dernier trimestre, avec des prévisions dépassées de 6 %. Sur le Vieux Continent, le rebond est indéniable, même s’il reste limité. Mais reconnaissons que la forte progression des bénéfices des entreprises européennes est largement imputable aux banques commerciales, dont l’ampleur du redressement ne laisse pas d’étonner. Continuer la lecture…

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Les héros sont las

17 avril 2024

Le rallye boursier qui a démarré début 2023 à la suite de la pagaille laissée par les autorités monétaires s’est évaporé en début d’année. À présent, il menace de s’enliser complètement. En outre, l’enthousiasme risque de sombrer dans un bourbier de tensions géopolitiques croissantes, de menaces d’inflation mal gérées et d’un espoir de réduction rapide et substantielle des taux d’intérêt qui s’estompe progressivement. Un regain d’enthousiasme ne suffirait évidemment pas à maintenir les marchés boursiers sur leur lancée. À court terme, il est urgent de soutenir les perspectives d’inflation et de taux d’intérêt, car les perspectives de croissance des bénéfices des entreprises sont déjà largement intégrées dans les cours de bourse actuels. Les taux d’inflation les plus récents n’offrent aucun répit. Les prix de détail aux États-Unis ont (une fois de plus) déçu avec une hausse inattendue tant de l’indice des prix de base que de l’indice général des prix. Le fait que l’inflation des services, même après correction pour les loyers, rebondisse de 0,65 % sur une base mensuelle est particulièrement inquiétant. Les prix des marchandises ont enregistré une légère contraction au cours du mois dernier, mais nettement insuffisante pour faire dévier le taux de croissance de l’inflation américaine. Continuer la lecture…

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L’indice (return) Dow Jones Industrials vient de franchir la barre des 5 000 000 points

03 avril 2024

Non, vous n’avez pas besoin de (nouvelles) lunettes, et nous ne devons pas changer de calculatrice. Certes, la marche triomphale de l’indice prix du Dow Jones Industrials vers la barre historique des 40 000 points a certainement retenu votre attention ces derniers jours, alors que l’actualité mondiale ne nous donne guère de raisons de nous réjouir. Mais il vous a certainement échappé, comme à d’autres, que l’indice return des 30 principales actions américaines dépasse depuis plusieurs jours les 5 millions de points (!). Pour être plus précis, le 21 mars 2024, l’indice return des trente valeurs sélectionnées de l’indice Dow Jones a clôturé à 5 057 451 points. La différence entre un indice prix et un indice return se situe au niveau des paiements des dividendes. Ce dernier les intègre. L’indice prix ne le fait pas. À long terme, cela se traduit par des écarts gigantesques. Les dividendes constituent pourtant une partie importante de la création de valeur et doivent donc – comme tout économiste l’admettra – être pris en compte pour analyser la puissance économique et financière d’un indice boursier. Continuer la lecture…

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Restez surtout bien concentrés

14 mars 2024

La concentration des profits boursiers au niveau d’une poignée d’entreprises s’est amorcée en réalité il y a déjà un siècle. Seules 4 % des sociétés cotées en bourse sont à l’origine de la totalité de la croissance de la capitalisation boursière au fil de toutes ces décennies, et cette tendance ne fait encore que s’accentuer. Si bien qu’aujourd’hui cela commence à prendre des proportions quelque peu indécentes. Depuis le début de l’année, le degré de concentration s’est même accru à un point tel qu’il n’est plus possible de dire de but en blanc si les marchés boursiers ont progressé ou non au cours de cette période. Plus de la moitié des gains du S&P500 depuis le début de l’année 2024, soit 7%, peut en effet être attribuée à deux entreprises, qui ont toutes deux un poids énorme dans cet indice boursier : NVIDA et Meta Platforms. Si l’on ajoute à ce duo Amazon, Microsoft et Broadcom, ces cinq valeurs (1 % du nombre total de sociétés de cet indice) expliquent à elles seules les trois quarts de l’ensemble des gains boursiers. Une resucée survitaminée du scénario de 2023. Les 99 % d’autres entreprises n’y ajoutent que des cacahouètes. Ou, pour le dire autrement : si vous n’avez pas ces cinq grandes entreprises dans votre portefeuille, le début de cette année boursière vous apparaîtra tout à fait différemment. Et le cru 2023 ne vous avait d’ailleurs guère souri non plus. Continuer la lecture…

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Escalader le mur de l’inquiétude

27 février 2024

Les tensions géopolitiques s’intensifient. La date prévue pour la première baisse du taux directeur est sans cesse retardée. L’inflation tenace se débat alors qu’elle est entraînée sur une trajectoire descendante. Le taux d’intérêt à long terme cherche à atteindre des niveaux plus bas, mais les banques centrales s’y opposent fermement. La Fed et la BCE se débarrassent rapidement de volumes massifs d’obligations d’État et d’entreprise, ce qui maintient le taux d’intérêt à long terme à un niveau élevé et les prix des obligations à un niveau bas. Mais une vérité boursière bien connue s’est de nouveau imposée à Wall Street : stocks climb the wall of worry (« les actions escaladent le mur de l’inquiétude »). Cette expression renvoie à la forte résilience des marchés boursiers lorsqu’ils sont confrontés à des obstacles et assaillis de revers provisoires. Malgré toute l’agitation et la confusion, l’indice des prix Standard & Poors Composite, largement diversifié, a atteint un nouveau sommet : le 9 février, il a franchi pour la première fois la barre symbolique des 5 000 points. Certes, il a dû partiellement céder le terrain conquis dans les jours qui ont suivi, mais il ne fait guère de doute que cet indice, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines, s’établira définitivement au-dessus de 5 000 points dans les mois à venir. Continuer la lecture…

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Relax

07 février 2024

Une baisse très probable des taux d’intérêt directeurs, qui commencerait au cours des mois d’été 2024. La reprise quasi simultanée des attentes conjoncturelles, sur tous les fronts de l’économie américaine. La combinaison de ces deux éléments exerce un attrait irrésistible sur tous ceux qui recherchent un rendement digne de ce nom sur leurs investissements. Vous et moi, donc. Mais seuls les imbéciles foncent sans trop réfléchir. Une nouvelle atténuation des attentes en matière d’inflation justifierait parfaitement une diminution substantielle des taux d’intérêt officiels. Mais ce chemin s’annonce tortueux, parsemé de virages périlleux, de mobilier urbain déchaussé, de traverses aux endroits improbables et de coulées de boue poisseuses. Ces chicanes ralentiront considérablement le rythme de la baisse. Il y a quelques semaines, forts de leur conviction qu’une première réduction des taux directeurs pourrait déjà intervenir en mars 2024, les investisseurs ont cru bon de se lancer dans un rallye de fin d’année. Cela s’est avéré prématuré et, depuis, les investisseurs ont corrigé le tir. Il est vrai que l’inflation de base des prix de détail aux États-Unis s’élève toujours à 3,9 %. Un niveau aussi élevé ne justifie pas une réduction des taux d’intérêt. L’inflation devra encore décélérer de manière significative pour convaincre les banques centrales de desserrer leur étau sur l’économie. Continuer la lecture…

Stefan Duchateau

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La vie dont nous rêvions

16 janvier 2024

Avant même que l’orchestre philharmonique de Vienne n’ait joué les dernières notes de la Marche de Radetzky[*1] sous les traditionnels applaudissements, la plupart des prévisions concernant l’année à peine entamée doivent généralement déjà être revues. Il serait vraiment surprenant que 2024 ne comporte pas son lot de rebondissements totalement imprévus, mettant rapidement au rebut la plupart des scénarios. Alors, pourquoi les économistes ressentent-ils à chaque fois le besoin de se ridiculiser en envoyant leurs prévisions élaborées au début de chaque nouvelle année, sachant que tout ce travail sera enterré sous les railleries en un rien de temps ? La raison est simple et l’objectif est utile : il est en effet essentiel de savoir où se situe le consensus sur l’évolution attendue des taux d’intérêt et des bénéfices des entreprises, la situation géopolitique et les prix des matières premières et de l’énergie, afin de savoir ce qui est déjà intégré dans les prix des actions et des obligations. Ce sont les écarts par rapport à ce cas standard qui provoquent des turbulences, des chocs et des fluctuations sur les marchés financiers. Le scénario attendu pour 2024 implique qu’en combinaison avec une reprise soutenue de la croissance au second semestre et une baisse importante des attentes en matière d’inflation, les banques centrales des États-Unis et de la zone euro disposeront d’une marge de manœuvre suffisante pour mettre en œuvre une réduction substantielle des taux directeurs. Continuer la lecture…

Stefan Duchateau

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Professeur de gestion des risques/Conseiller auprès de HU Bruxelles et Argenta

Les temps changent

21 décembre 2023

À chaque fois, nous sommes attendris par cette nouvelle année qui vient frapper à la porte, enthousiaste et optimiste sur ce qui nous attend dans les mois à venir. Pour la voir in fine se traîner une douzaine de mois plus tard, fourbue et exténuée à l’approche de la ligne d’arrivée, non sans avoir engrangé un succès sporadique ou exaucé un vœu ici ou là. Mais cette fois-ci (aussi), ce sera tout différent…[1] C’est pourquoi nous ne perdrons pas notre temps à établir le bilan obligatoire de l’année écoulée. Nous ne tirerions qu’aigreur et contrariété à nous rappeler les politiques irresponsables des banques centrales qui ont joué aveuglément avec notre prospérité en 2023, mais aussi le maintien à un niveau injustifié des prix alimentaires malgré la manifeste décrue des cours des matières premières sur les marchés mondiaux. Mais les temps changent[2]. Nous préférons donc nous projeter en 2024, une année qui promet une première vague de baisse des taux directeurs, associée à une reprise tangible de la croissance économique. Les investisseurs professionnels ont tellement envie de croire à ce scénario que les marchés ont déjà intégré dans les cours des actions rien moins que plusieurs années de croissance ininterrompue des bénéfices des entreprises. Continuer la lecture…

Stefan Duchateau

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Retour en 1967 et c’est une bonne nouvelle

05 décembre 2023

Le mois de novembre se sentait déjà assuré de la victoire et devrait selon toute vraisemblance réaliser une performance qui le fera rentrer dans le cercle restreint des meilleurs mois boursiers de la dernière décennie, notamment en ce qui concerne les indices Fang et Nasdaq. Mais l’indice composite S&P plus général et l’indice boursier MSCI mondialement diversifié sont eux aussi sortis du terrain marécageux dans lequel les marchés boursiers étaient enlisés depuis le début des maudites hausses de taux d’intérêt des banques centrales. La reprise s’était déjà amorcée au début de cette année, mais les pertes subies en 2022 sont seulement en train d’être complètement effacées. La récente accélération a une double cause : d’une part, les résultats des entreprises pour le dernier trimestre se sont avérés (bien) meilleurs que prévu, mais cette bonne surprise n’a pas pu se traduire pleinement par des gains boursiers substantiels en raison des sombres perspectives pour les six mois à venir, lesquelles sont revues à la baisse à cause de la forte augmentation des coûts de financement, qui est extrêmement préjudiciable pour l’activité des entreprises et les dépenses de consommation. Préjudiciable, mais pas nécessairement bloquant. D’autre part, plusieurs indices de prix américains, corrigés ou non des mouvements erratiques des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ont montré que l’inflation continue indéniablement de ralentir. L’évolution suit exactement la voie que nous avions prévue au début des augmentations brutales de prix. Continuer la lecture…