Devenir propriétaire de son logement est-il à la portée de tous ?

29 juillet 2022

La récente accélération de la croissance des prix de l’immobilier résidentiel en Belgique, après plusieurs décennies de hausse quasi continue, a ravivé les inquiétudes quant à la possibilité pour les ménages de devenir propriétaires de leur logement. Bien que le revenu disponible des ménages ait constamment augmenté ces quelque vingt dernières années, sa progression reste inférieure à celle des prix des logements sur la même période. L’accessibilité au logement ne s’est pas détériorée pour autant car, en parallèle, les taux d’intérêt hypothécaires ont significativement diminué, améliorant la capacité d’emprunt des ménages.

Le volume des nouveaux crédits s’inscrit à la hausse depuis 2015, même si la part des jeunes emprunteurs (18-34 ans) a légèrement reculé. Cependant, le pourcentage de crédits présentant une quotité (ratio loan-to-value – LTV) élevée s’est réduit. Compte tenu de l’augmentation des prix de l’immobilier, cela indique que davantage de fonds propres sont nécessaires pour acheter un logement. Même si les (jeunes) ménages ont toujours accès au marché hypothécaire, ils doivent donc fournir un plus gros effort financier qu’auparavant, ce qui peut contraindre des jeunes sans patrimoine important à contracter des crédits dont les coûts de remboursement sont plus élevés, à acheter un logement de moindre qualité ou moins bien situé, voire à se tourner vers le marché locatif.

La charge de remboursement d’un emprunt hypothécaire pour un couple travaillant à temps plein et rémunéré au salaire moyen demeure à des niveaux que l’on peut considérer comme sains. Toutefois, celle-ci peut être sensiblement plus lourde pour les ménages dont la situation financière est moins favorable, comme par exemple ceux ne disposant pas de suffisamment de fonds propres. Cette charge peut en outre atteindre des niveaux particulièrement importants dans certains centres urbains onéreux tels que Bruxelles, Gand ou Louvain.

On peut constater qu’en près de vingt ans l’écart entre le taux de propriété des ménages les plus riches et celui des ménages moins aisés financièrement s’est creusé.



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